La dernière étude de SCI Verkehr, qui couvre sept régions du monde, montre que les solutions numériques sont cruciales. Alors que le secteur mondial de la technologie des systèmes ferroviaires croît plus rapidement que le marché global (4,6 %), la part des composants et processus numériques augmente également de manière significative dans les segments de produits traditionnels tels que l'infrastructure ferroviaire et le matériel roulant.
Le contexte mondial
Cependant, deux vitesses de numérisation peuvent être observées : Les nouveaux systèmes dans des régions comme le Moyen-Orient et l'Asie établissent de nouvelles normes avec des opérations ferroviaires impressionnantes et hautement numérisées. Cela rend les systèmes ferroviaires plus efficaces, plus attractifs et plus compétitifs par rapport aux autres modes de transport, à la fois dans les zones urbaines et dans la manutention du fret. En revanche, la numérisation des réseaux existants est beaucoup plus difficile et prend beaucoup de temps, car elle doit être mise en œuvre progressivement pendant que les systèmes restent opérationnels. L'augmentation de la demande de transport et les objectifs politiques nécessitent des mises à niveau numériques et des innovations à la fois dans les réseaux et les opérations. En particulier sur le marché européen à forte demande, il existe un besoin urgent de modernisation qui ne peut être financé uniquement par des fonds publics, ce qui ouvre des possibilités d'outils de financement alternatifs et de nouveaux acteurs du marché.
Les nouveaux systèmes de transport bénéficient d'un avantage en matière de numérisation, établissant de nouvelles normes grâce aux solutions ATO (Automatic Train Operation) et CBTC (Communications-Based Train Control), ainsi qu'aux systèmes assistés par l'IA, ce qui stimule l'innovation. En revanche, de nombreux réseaux existants sont confrontés à d'énormes besoins de modernisation et ne peuvent être mis à niveau qu'au prix d'efforts considérables. On ne peut plus compter sur les technologies existantes et elles ne suffisent pas à permettre les augmentations de capacité nécessaires de toute urgence ou à améliorer la fiabilité et la sécurité des opérations ferroviaires. Par conséquent, la numérisation des réseaux existants est beaucoup plus complexe, coûteuse et longue que le déploiement de nouveaux systèmes, car ces mises à niveau ne peuvent se faire que progressivement et à un rythme beaucoup plus lent.
Situation en Europe
En Europe, le déploiement de l'ETCS pour les voies et les véhicules joue un rôle clé dans la poursuite de la numérisation du transport ferroviaire. Les attentes sont élevées, mais la sécurité de la planification fait souvent défaut. Dans les années à venir, un grand nombre de véhicules anciens devront être équipés de l'ETCS, alors que les capacités de l'industrie ferroviaire sont limitées. La mise en œuvre en Europe est très inégale. Les petits pays comme la Suisse, la Belgique et le Danemark ont fait des progrès considérables dans la mise en œuvre de l'ETCS, tandis que l'Allemagne et la France sont à la traîne.
Asie et Afrique
La Chine, qui a été le moteur de la croissance du marché ferroviaire mondial pendant des décennies, reste de loin le plus grand marché ferroviaire national avec un volume de marché d'un peu moins de 40 milliards d'euros. La Chine continue de jouer un rôle clé dans les solutions numériques, mais la croissance future au cours des cinq prochaines années ne viendra que du marché de l'après-vente. Cette évolution est au moins partiellement compensée par une forte dynamique de croissance en Inde, où l'expansion du système ferroviaire est fortement soutenue par des initiatives politiques. La région Afrique/Moyen-Orient sera le moteur de la croissance au cours des cinq prochaines années, avec un taux annuel de près de 8 %. Au Moyen-Orient en particulier, de nombreux nouveaux systèmes ferroviaires sont en cours de développement, intégrant des normes élevées et les dernières technologies qui stimulent les innovations mondiales dans l'industrie. Le marché européen devrait également connaître une croissance supérieure à la moyenne, soit 5,4 % par an, grâce à des investissements substantiels dans les réseaux existants et à la nécessité d'augmenter la capacité des transports ferroviaires urbains et à grande vitesse.