La Cour des comptes européenne a conclu que l'UE ne respectera pas l'échéance de 2030 pour l'achèvement du réseau transeuropéen de transport (RTE-T) de base, invoquant la hausse des coûts et l'allongement des délais de livraison pour les grands projets d'infrastructure de transport.
Les auditeurs ont signalé que les coûts réels de construction de huit mégaprojets de transport examinés ont augmenté en moyenne de 82 % par rapport aux estimations initiales, contre 47 % en 2020. Les augmentations de coûts les plus importantes ont été observées sur le projet Rail Baltica, où les coûts ont augmenté de 160 % au cours des six dernières années, et sur la liaison ferroviaire Lyon-Turin, où les coûts ont augmenté de 23 % au cours de la même période. Le montant total des subventions accordées par l'UE pour ces huit projets a atteint 15,3 milliards d'euros, dont 7,9 milliards alloués depuis 2020.
La réalisation des projets a également continué à prendre du retard. Pour cinq projets pour lesquels des données sont disponibles, le retard moyen par rapport aux calendriers initiaux est passé de 11 ans en 2020 à 17 ans dans la mise à jour de 2025. La ligne à grande vitesse Basque Y, dont la mise en service était initialement prévue en 2010, ne devrait désormais pas voir le jour avant 2030, les promoteurs indiquant que 2035 serait une date plus réaliste. La liaison ferroviaire Lyon-Turin devrait désormais être mise en service en 2033, tandis que le tunnel de base du Brenner devrait être opérationnel au plus tôt en 2032. Le canal Seine-Nord Europe, dont l'ouverture était initialement prévue en 2010, est désormais prévu pour 2032 environ.
La Cour a noté que depuis 2020, les projets ont été affectés par des pressions supplémentaires, notamment la pandémie de COVID-19, la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, de nouvelles exigences réglementaires et des difficultés techniques. Malgré des retards récurrents, les auditeurs ont constaté que la Commission européenne a fait un usage limité de ses pouvoirs juridiques existants pour exiger des explications des États membres en cas de retard dans la livraison.
Selon le rapport, le règlement RTE-T révisé renforce le rôle de la Commission européenne dans la supervision de l'achèvement du réseau. Les auditeurs ont toutefois noté que cet effet s'appliquera principalement aux projets futurs et dépendra de la mise en œuvre et du respect par les États membres de l'UE .
L'audit porte sur huit mégaprojets dans 13 pays de l'UE, dont quatre projets ferroviaires (Rail Baltica, la liaison ferroviaire Lyon-Turin, le tunnel de base du Brenner et le Y basque) ainsi que la liaison fixe du Fehmarnbelt .